OEUVRE POUR VOIX PIANO
AUTEUR: FRANTZ LISZT 1811-1886
STYLE: Classique
NIVEAU: Difficile
COMMENTAIRE: Une seule partition fournie.
En 1845, Franz Liszt entreprit la composition d'un opéra italien inspiré de la tragédie de Lord Byron, Sardanapale (1821). Ce projet était essentiel à son ambition d'accéder au statut de compositeur européen majeur, avec des premières prévues à Milan, Vienne, Paris et Londres. Mais il l'abandonna à mi-chemin, et la musique qu'il avait achevée resta inédite pendant 170 ans. Les difficultés rencontrées par Liszt pour obtenir un livret firent que la composition ne commença qu'en avril 1850. Il composa la quasi-totalité de la musique du premier acte dans une partition annotée pour piano et chant de 111 pages, conservée dans son carnet de croquis N4. Le librettiste, resté anonyme, était un poète italien et prisonnier politique, apparemment assigné à résidence, et un proche de Cristina Belgiojoso. Son livret a été conservé en arrière-plan du carnet N4 et a fait l'objet d'une reconstitution critique et d'une traduction. Sardanapalo est le seul opéra de la maturité de Liszt. Bien qu'il l'ait toujours désigné en français, sous le nom de Sardanapale, le titre publié de l'opéra italien aurait très certainement utilisé le nom italien, d'où le titre de la première édition. L'œuvre comprend trois rôles solistes et un chœur de concubines. Le manuscrit, que l'on croyait auparavant fragmentaire et partiellement illisible, a finalement été déchiffré en mars 2017, suscitant un enthousiasme international. La partition de Liszt offre un style mélodique riche, mêlant des éléments de Bellini et de Verdi à des influences wagnériennes et aux poèmes symphoniques à venir : un mélange unique de pastiche italien et d'innovation harmonique du milieu du XXe siècle. Elle demeure profondément lisztienne. L’opéra transpose la tragédie de Byron sur la guerre et la paix dans l’ancienne Assyrie : le dernier roi, aux goûts efféminés, est plus attiré par le vin, les concubines et les festins que par la politique et la guerre ; ses sujets le jugent déshonorant (un « roi-homme ») et des rebelles militaires cherchent à le renverser, mais sont graciés, car le roi rejette la « tromperie de la gloire » bâtie sur la souffrance d’autrui : cela ne fait que provoquer un soulèvement plus important, l’Euphrate déborde, détruisant le principal rempart du château, et la défaite est inévitable : le roi renvoie sa famille et ordonne qu’on le brûle vif avec son amant, au milieu des parfums et des épices dans un grand brasier. Comme l'écrivait Byron : « non pas une simple colonne de nuages et de flammes, mais une lumière qui rattrape les âges ». De son côté, Liszt confiait à un ami que son final « viserait même à embraser toute la salle ! » Cette édition critique comprend une étude détaillée sur la genèse du Sardanapalo de Liszt en anglais, en allemand et en hongrois, le livret en italien (original) ainsi que dans ses traductions anglaise, allemande et hongroise, plusieurs pages fac-similés du manuscrit de Liszt et un rapport critique détaillé.
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